Dany nous partage quelques uns de ses textes:
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J’ai dans mes poches arrière de quoi faire la dînette ;
Ma licence de cyclo, signée, avec photo,
De l’argent bel et bon mais pas de cigarettes ;
Il est déconseillé de fumer à vélo.
Un mélange savant de cacahuètes, pistaches,
Autres petits fruits-secs, amandes et raisins,
Pourra me sustenter, me remettre à la tâche
Après l’arrêt-buvette que j’aimerais sans fin.
Ma poche côté gauche contient du matériel :
Trois beaux démonte-pneus, les rustines, la colle,
Une chambre et un masque anti-covid bleu-ciel…
J’ai l’impression d’avoir une trousse d’école.
Je me dois d’emporter l’objet indispensable,
Cordon ombilical assurant la liaison,
Terminant l’inventaire d’une poche-cartable…
Mon téléphone portable, formidable poison.
Ajouter à cela une cape anti-pluie,
Du papier replié, des feuilles de "Sopalin",
Des "Urgo", un stylo… une absence m’ennuie ;
Je manque encore de place pour la gourde de vin.
Notre "Petite Reine" perpétue ses valeurs.
J’aime notre maillot qui est loin d’être moche,
Qui a changé de look mais gardé ses couleurs.
Il est léger, visible et surtout a…3 poches !
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Fi des pros, de l’élite, de la course à l’argent !
Notre Petite Reine peut compter en ses rangs,
Des amis de tous bords, des locaux, des nordistes,
Des étrangers sympas, de vieux idéalistes,
Des sportifs repentis, convertis pédaleurs :
Ouvriers, fonctionnaires, peintre, viticulteurs,
Contrôleur, commerciaux, chauffeur, maçon…facteur.
Et si pour la plupart, les affaires sont faites,
Nous battons le bitume, mais jamais en retraite.
Le club a, dans son sac, pas mal de bricoleurs,
Travailleurs à la chaîne, mécanos amateurs.
Nous avons à présent un rouleur photographe,
Deux copains qui font plus que peigner la girafe,
Imprimant sur papier mieux que des écrits vains,
Un éditeur profane mais de première main,
Des accompagnateurs qui raccrochent en primaire,
Des aidants, bénévoles, toujours prêts à bien faire,
Pour les yeux, les oreilles, deux chanteurs comédiens…
Et tout ce petit monde, à vélo, s’entretient.
Pédaler, pédaler fait fondre la brioche.
Certains peuvent grimper les deux mains dans les poches.
Les années sont légères pour qui roule à sa main.
Sans être vieux croûtons, nous manquons de levain,
De quelques petits jeunes, trois, quatre cyclotines
À qui parler chiffons, dérailleur ou rustines.
Les routes sont variées, les alentours fort beaux ;
Les découvrir ensemble est un sacré cadeau.
Notre club est vivant et un savant brassage
De vaillants randonneurs, disons… d’un certain âge
Qui pédalent, voyagent, gagent sur l’avenir.
Dans l’effort partagé, ils oublient de vieillir.
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Fin septembre nous vit, pas moins d’une vingtaine,
Rejoindre le Cantal, belle région, sans…plaines.
Dix cyclos motivés et rompus à l’effort,
Comptaient bien s’activer sur des pentes du "Nord".
Notre gite était bon, les montures piaffaient ;
Nul n’avait l’intention de déclarer forfait.
La météo traitresse et la pluie intraitable
Firent qu’ils renoncèrent, se vengèrent à table.
A défaut de montées, ils avalèrent les plats,
Des vins de Cessenon offerts à nos repas.
Ces moments conviviaux, les mets en abondance
Les virent patienter avant la délivrance.
Les nuages fondirent à la fin du séjour
Et nos cyclos nerveux firent deux petits tours.
Les musées Pompidou et de la Préhistoire,
La sortie "parapluie" furent riches et notoires.
Nous avions tous vécu trois jours improvisés.
Le plaisir était vrai, l’essentiel, préservé.
Le mélange des genres et le covoiturage
Laissent à tous un parfum de joie et de partage.
Octobre fut joyeux et encore "arrosé"
Par un bon compagnon, disons, un peu âgé…
Robert, le grand Robert, profita de l’aubaine
D’avoir, le 3 du mois, deux fois… la quarantaine.
Pour son anniversaire, notre brave Roro
Nous régala franco : pizzas et apéros !
La roue tourne pour tous ; Robert, pas de panique.
Tu pourras te friser, faire aux fougueux, la nique.
Tu as un petit plus, l’assistance électrique !
Le traintrain a repris, le sujet est banal :
Rendez-vous ponctuels, bière fraîche au local…
Que novembre soit doux à tous nos vététistes,
Aux rouleurs, aux absents, à tous ceux de la liste.
Nous passerons l’hiver, attendant le printemps.
Chaque sortie sera, l’empreinte d’un moment,
De l’effort partagé, sous la pluie, dans le vent,
Le souvenir joyeux de très, très vieux enfants.
p.s. Nos chaleureux remerciements à Virginie et Stéphane, nos hôtes de
"La Borie de Pourtou" pour leur généreux accueil, la qualité de chaque repas
et la tenue de leur gîte aussi beau que le pays du Cantal.
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Nous sommes des cyclos et cha cun est unique
Et dans le peloton chaleureux, dynamique,
Les caractères s’affirment ; défauts et qualités
Se côtoient ou se frottent mais en toute amitié.
Dans leur diversité voici des groupuscules
Sans… querelleurs, méchants, idiots, têtes de mule.
Il y a ceux…
Ceux qui roulent les mains bien en haut du guidon
Pour laisser une place à leur ventre trop rond,
Ceux qui roulent bien droit, recherchent l’équilibre
Ou zigzaguent, freinent, serrent pour une place libre,
Ceux qui parlent vélo, de cadre, dérailleur,
D’assistance électrique, de leur nouveau compteur,
Les bienheureux qui pensent que la vie est belle
Et distillent à chacun de plaisantes nouvelles,
Les grincheux du moment qui affirment, bougons,
Que le club bat de l’aile, qu’il ne tourne pas rond,
Ceux qui parlent beaucoup, racontent des histoires,
Ne prennent pas le temps de manger et de boire,
Ceux qui roulent en sourdine, qu’on ne remarque pas
Et qui préfèrent se taire, écouter les débats,
Ceux qui roulent facile, ceux qui peinent, derrière,
Et qui souffrent en silence en attendant la bière,
Ceux qui portent le maillot du club, rouge et blanc
Quand d’autres sont vêtus d’un maillot détonnant.
Ceux qui mettent un cuissard quand il vente ou qu’il gèle
Qui gardent le collant quand le soleil vous pèle...
Ceux qui ont besoin d’air, viennent en faire le plein
Et oublient leurs soucis au milieu des copains,
Ceux qui grillent les stops, coupent les giratoires,
Pensent qu’il est idiot d’en faire toute une histoire,
Et ceux et ceux et ceux…
Et tout ce petit monde, tous ces braves cyclos,
Différents dans la vie mais amis du vélo,
Se retrouvent au départ et trois fois par semaine
Pour se resaluer, profiter de l’aubaine
Qui s’offre encore à eux, à un âge avancé,
De conserver la forme et encore pédaler.
Sur des chemins, l’hiver, la route ou la voie verte,
Le groupe va son train, bourdonnant et alerte.
Il restera uni et d’accord sur un point :
Tout seul, on va plus vite, ensemble on va plus loin.
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C’est une jolie blonde, effilée, attirante ;
On la voit, désirable, on y pose la main ;
Pas question de remettre le plaisir à demain,
Il faut la consommer en sa fraîcheur tentante.
Elle est encore vierge, doit à présent penser
Que l’homme qui l’observe ne peut plus tenir
Que les mains qui la tiennent sont pressées d’en finir,
Qu’il faudra se laisser… prendre et… décapsuler.
Pour celle, trop agitée, c’est parfois l’explosion,
Mais si le geste est doux, elle tient et se laisse
Couler dans un gosier, sur une langue épaisse
Qui pleurait cet instant de réhydratation.
Elle glisse, légère, rebondit et glougloute
Décore de sa mousse des lèvres encore de bois.
Elle mouille la glotte une dernière fois,
Laissant à l’assoiffé une dernière goutte.
La fièvre est retombée, le corps est au repos,
L’homme désaltéré a le regard qui brille.
Avec bonheur, il a satisfait ses papilles ;
C’est bougrement le pied, alors, d’être cyclo.
Et qui l’empêchera d’en boire une seconde ?!
Si sa pépie est grande, si petit est le pub,
Pour ce moment de paix, prévoyant est le club ;
Le nectar salvateur, dans le frigo abonde…
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Revoyez la photo, observez les bobines ;
J’ai envie d’en parler sans contrainte ou combine.
En deux coups de clavier, sans analyse fine.
De gauche à droite
Jean-Louis, rouleur, grimpeur, amateur de grand train,
Un des rares capable de rouler sans les mains.
Ne vous étonnez pas que ses cinq doigts ne puissent
Se poser autre part que sur de jolies cuisses,
Celles de Dominique, sa femme, sa moitié.
Il la guide, la mène sur routes et sentiers.
Elle aime à s’employer, rouler à bonne allure.
C’est une cyclotine qui décoiffe et carbure.
Jacky a mis au clou sa fourche de vélo
Pour celle du jardin, la bêche et le râteau.
Et votre serviteur, avant qu’il ne décroche,
Ne range son vélo, sa langue dans sa poche.
Il était hors d’usage, en avait "plein le dos" :
Six vis et une cale… douleur et long repos.
Daniel, le philosophe qui surmonte sa peine ,
Est la tête pensante de la Petite Reine.
Il s’adapte et accepte le facile et le dur
Pondéré, conciliant, rouleur, compagnon sûr.
Puis, le très courageux Jean-Marie de Berlou
Qui part mais qui revient, réparé des genoux.
Il ne perd pas son temps en cris ou bavardages,
A la pédale forte, la conduite du sage.
Jean-Luc, un petit jeune, ni fringant ni bavard.
Il a sur le vélo, un aimable regard.
Tranquille, concentré, il s’accroche et endure,
Inspire pour oublier les odeurs de peinture.
Le président, Daniel, rajeuni de la hanche
Qui pourrait, à vélo, même traverser la Manche.
"Le Grand" qui en solo fit le tour du pays
Et en revint intact, pas vraiment assagi.
Il propose à qui peut des sorties sataniques.
Il est notre patron, infatigable…unique.
La photo de copains est toujours simple et belle.
Voilà, j’en ai fini, tirez-en de nouvelles !
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Quand on partait de bon matin,
Quand on partait sur les chemins,
À bicyclette…
Il y avait Marc et Robert,
Daniel, Christian, Jacques, Norbert…
Mais pas Paulette…
…à chanter s.v.p.
Dans le groupe viril qui avale l’asphalte,
Sur le banc, l’herbe tendre d’une petite halte,
Pas de douce présence, de "cyclote" ou si peu
Quand, seule, Dominique roule sous un ciel bleu.
Notre club s’enrichit de nouveaux patronymes
Mais la femme au vélo s’avère… rarissime.
Notre mâle assemblée a pourtant des atouts :
Des taureaux, de beaux coqs et quelques gros matous
Qui ont encore du jus et du sang dans les veines
Et attendent, gourmands, quelques petites reines.
Si le cyclotourisme est vraiment un loisir,
Si pédaler gaiment procure du plaisir
Et permet d’éviter stress et fumée nocive,
Pourquoi donc gentes dames, un tantinet sportives,
Restez-vous insensibles à l’attrait du vélo ?
Pour les célibataires qui cherchent le duo,
Chevaucher un tandem n’est pas une torture.
Vous pourriez, avec nous, partir à l’aventure,
Découvrir la nature par les monts et les vaux,
Des routes, des voies vertes et des chemins nouveaux.
En place de nanas, greluches, meufs ou gonzesses,
Vous seriez "cyclotines" ou "cyclotes" pour la presse ;
Rien que ce joli nom peut vous donner l’espoir
D’avoir la mine fraîche sans crèmes ni miroir.
Si mon petit laïus doit rester lettre morte,
Vous auriez tort, mesdames, de rester à la porte
D’un club fort sympathique, ouvert, et qui saurait
Donner à votre vie, un dynamique attrait.
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Il va par tous les temps, sous la pluie, dans la brume,
Par un froid de canard, il grelotte et s’enrhume,
Pédale dans le vent, parfois à déraison
Puis mouille le maillot, sous un soleil de plomb.
Sa monture du jour est taillée pour la course.
Il a pour l’acheter entamé fort sa bourse.
Il ne peut se résoudre à pédaler piano,
Ce serait faire injure à un si beau vélo.
Il retrouve bientôt ses réflexes d’antan
Et entame un combat comme font les enfants.
Il sera le premier juste au sommet du col
Ou tirera le groupe à un train de gogol.
Il fait encore des sprints malgré son cœur fragile,
Des descentes d’enfer et bien que moins agile,
Il relance l’allure, dit qu’il roule "à sa main",
Parfois même s’arrache pour bluffer les copains.
Tel est notre cyclo que l’on croit raisonnable.
Il veut briller encore mais il est pardonnable ;
Il a les compliments du jour à recueillir.
Bien qu’il ait pris de l’âge, il ne veut pas vieillir.
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Nous sommes, début janvier, les rois de la galette
Perpétuons un loto sans soucis de recette.
En hiver, le "Tripat" réjouit les estomacs ;
Les femmes des cyclos animent les ébats.
Le séjour de printemps ponctué de sorties
À vélo et à pied et autres fantaisies,
Propose des circuits vallonnés pour costauds,
Rapprochements fortuits et repas conviviaux.
Le grand rassemblement se fait avant l’automne,
Propose aux clubs amis un circuit qui étonne,
Le plus varié de tous. Au ravitaillement
Grille notre saucisse vantée depuis longtemps.
L’Assemblée Générale au début de décembre
Est l’occasion finale de revoir tous les membres,
Les anciens, les nouveaux, étrangers ou voisins,
De dire que notre club poursuit un long chemin.
Enfin, à Cessenon, clôture existentielle,
Un souper sympathique rassemble les fidèles.
Le plaisir d’être ensemble ne s’arrête pas là.
La bière, après l’effort, évite des comas.
Après nos réunions de club mensuelles,
L’apéro bienvenu détend fesses et cervelle…
Je dois bien oublier deux ou trois occasions
Qui nous permettent aussi d’aimer nos traditions.
Tout cela orchestré par un Bureau de charme
Qui travaille pour tous, ne rend jamais les armes.
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Adresse du club:
Club cyclotouriste de Cessenon
Mairie , plan Jean Moulin 34460 Cessenon